| |||||||||||||||||||||
|
RechercheLes hétérogénéités discursives : de l’interdiscursivité à l’intertextualité et à l’intermédialitéUne approche sémio-linguistique des discours médiatiques Directeur du projet : Prof. Dr. Marion COLAS-BLAISE Le projet de recherche se propose d’interroger le rôle de la communication de masse au sens large, qui comprend les différents discours en sciences humaines et sociales (non seulement les discours de presse, l’affiche, le cinéma, la radiodiffusion, la télévision, mais encore les discours littéraires, artistiques, historiques, philosophiques…) considérés comme des artefacts dans les sociétés modernes, l’hypothèse de base pouvant être formulée ainsi : le média ou, plus précisément, l’intermédialité (les relations entre le support, la mise en forme, la typographie, le mode de transmission…) contribue à la production et à la réception du sens. Enfin, les discours concernés étant souvent polymédiatiques, l’intermédialité mérite d’être articulée avec toutes les formes que revêt la présence (de l’)autre dans le discours, subsumées sous l’étiquette « interdiscursivité » et « intertextualité ». Tenant compte de ces paramètres, on considérera que les discours médiatiques, approchés dans leur diversité et en fonction des changements qui les affectent, reflètent les choix socioculturels à la base des formations signifiantes de nature verbale et non verbale pour un espace donné et les informent en retour. Ils se chargent d’effets identitaires. La spécificité du présent projet repose ainsi sur le choix de l’entrée dans les textes et discours : la plurisémioticité des discours médiatiques, et sur la perspective théorique et méthodologique sélectionnée : la sémiotique du média articulée avec une sémiotique des pratiques culturelles, qui intègre également les questionnements de la pragmatique, de l’analyse du discours et de la stylistique. Les enjeux sont au moins doubles : il s’agit de contribuer à la construction d’une sémiotique du média/des pratiques culturelles qui interroge les liens variables entre les discours, les genres, les textes et les médias, un média pouvant accueillir plusieurs discours, un discours pouvant mettre à contribution plusieurs médias ; enfin, il importe d’élaborer des outils conceptuels, des catégories de description linguistiques et non linguistiques et des modèles d’analyse susceptibles de rendre compte des hétérogénéités discursives – de l’interdiscursivité à l’intertextualité et à l’intermédialité - constatées dans des textes verbaux et non verbaux, littéraires et non littéraires, en tant qu’ils renvoient à des pratiques intersémiotiques. On interrogera les modalités de l’entrée en contact et de la gestion de discours (insérant/inséré, appréhendés dans le cadre de l’interdiscursivité), de textes (appréhendés dans le cadre de l’intertextualité), de codes verbaux (dans les cas de multilinguisme), de systèmes de représentation (rapports texte / image en-texte – référence à / discours sur la peinture, la représentation cinématographique…) et de systèmes de signes (rapports texte / ponctuation, mise en page et en forme ; rapports texte / image hors texte) différents. Observatoire luxembourgeois d’échanges littéraires et culturels francophonesLa littérature francophone luxembourgeoise : un positionnement linguistique et culturel problématique Démarrage : 01.01.2008 Durée : 36 mois Directeur du projet : Prof. Dr. Frank WILHELM 1 collaboratrice scientifique : Gaby Besenius Le projet se propose de constituer un bilan raisonné de la production littéraire francophone luxembourgeoise à travers ses différents aspects : milieux socioculturels, genres littéraires, mouvements littéraires, groupements d’écrivains, réseaux de distribution, échanges internationaux, filières francophones, transferts culturels, stylistique et esthétique : contribution à une problématisation des instances constitutives identitaires des écrivains et de leurs lecteurs. Le projet s'interroge en particulier sur le positionnement linguistique et culturel des écrivains. Leur origine sociale, leur formation scolaire, leur profession ou leur statut dans la vie constituent autant de facteurs qui influent sur les thématiques qu’ils développent et qui, de ce fait, décalent cette littérature par rapport aux productions germanophone et luxembourgophone. Derrière la langue d’écriture choisie par un auteur luxembourgeois se profile en effet aussi un horizon de références culturelles dominé en l’occurrence par le modèle valorisé ou dénigré de la culture française, parisienne essentiellement. On se propose de montrer que c’est par rapport à ce modèle que les écrivains du monde entier optant pour le français comme langue littéraire sont obligés de se définir. De ce fait, le débat oppose souvent le centre francophone (Paris, la France métropolitaine) et la « périphérie » ou la « marge » francophone, laquelle englobe la soixantaine de pays ou de régions francophones du monde, y compris dans les anciennes colonies françaises et, bien sûr, au Grand-Duché pourtant limitrophe de l’Hexagone. C’est dans cette zone, qui va au-delà de la notion de littérature « régionale », que les auteurs francophones luxembourgeois constituent leur identité intellectuelle. Tout en étant bien souvent victimes du protectionnisme culturel français, qui leur refuse la reconnaissance éditoriale ou critique à laquelle ils estiment avoir droit, ils ne sauraient se passer de ce repère majeur et de son rayonnement. Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l'extrême contemporainLociLitt Directeur du projet : Prof. Dr. Sylvie FREYERMUTH Corrélativement aux études consacrées à la notion d’espace reliée à celle d’identité, en plein essor dans le domaine des sciences sociales ( cf. par exemple IDENT 1 - Identités socioculturelles et politiques identitaires au Luxembourg- 2010 ) , l’importance de ces notions pour l’analyse littéraire a crû avec constance depuis les travaux de Iouri Lotman (1973) sur l’espace artistique, et s’est trouvée corroborée par le tournant spatial ( spatial turn ) des années 1990 qui a révélé toute la pertinence analytique de cette catégorie heuristique, aussi bien dans le champ de la géographie, que dans ceux de l’histoire, des sciences sociales et politiques, et des sciences cognitives. La sophistication croissante des technologies d’information et de communication permettant à l’individu de se « délocaliser » s’actualise dans la propension de la littérature à s’interroger sur la notion même de lieu et d’espace, mise en scène dans des zones dominées par l’exiguïté et la contrainte ou, au contraire, diluées dans l’uniformisation ou la globalisation de leurs propriétés. Ce projet, résolument transdisciplinaire et trinational, puisqu’il réunit trois partenaires de spécialités et de pays divers (Luxembourg, Allemagne et France), veut analyser les figures et modes de reconstruction des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l'extrême contemporain dans la création littéraire française et francophone (luxembourgeoise notamment), dont la topographie s’inspire largement du concept de surmodernité (Augé, 1992). Ainsi, la littérature de l’extrême contemporain, habitée par des espaces tels que la prison, l’usine, le centre des villes ultramodernes et leur périphérie, les aéroports, les nœuds de voies de communication ou leurs échappées, devient simultanément un lieu – vraisemblablement sexuellement différencié – de réfraction et d’analyse des fantasmes et de l’effroi nés de nos sociétés contemporaines. Nous nous proposons de dresser un inventaire raisonné de ces constructions spatiales en nous inscrivant dans un mode d’analyse transdisciplinaire, de manière à faire de la littérature, enfin décloisonnée, la matière d’une réflexion sociétale ouvrant des perspectives de remédiation des malaises propres à la surmodernité . |
||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||