AMPHI OUVERT


Année académique 2014-2015


Série XII

Si la toxicologie m’était contée

par Robert Wennig

 

Mardi 18h00 Auditoire BS2.01 Campus Limpertsberg

03∙03∙2015    Affaires d’empoisonnement d’hier et d’aujourd’hui
10∙03∙2015    Les multiples facettes de la toxicologie moderne
17∙03∙2015    Toxicologie des drogues classiques et des nouvelles drogues festives émergentes
24∙03∙2015    Holocauste des sorcières de l’Europe humaniste : aspects toxicologiques
31∙03∙2015    Histoire de la toxicologie et de la médecine légale, de l’antiquité aux temps modernes

Robert Wennig, licencié en sciences physiques, est ingénieur chimiste ENSCStrasbourg et Docteur-ès-Sciences de l’Université Louis Pasteur en 1970. Il a reçu sa certification comme toxicologue médico-légal par la société allemande de chimie toxicologique et judicaire (GTFCh) à Heidelberg en 1986. Chef du département de toxicologie au Laboratoire National de Santé à Luxembourg à la retraite, il reste expert judiciaire aux tribunaux. Ancien chef de projet du Centre de Recherche Publique (CRP) - Santé, il est professeur associé de chimie organique et de biochimie à l'Université du Luxembourg.

Il a encadré de nombreux étudiants en maitrise et en doctorat aux universités de Liège, Metz, Nancy et Strasbourg. Il a revêtu de multiples fonctions au sein de sociétés savantes et a été consultant pour plusieurs institutions internationales. Il a été trois fois lauréat d’un prix scientifique international. Auteur de plus de 250 publications scientifiques ainsi que de chapitres de livres ou encyclopédies, il a donné plus de 450 conférences, communications orales ou affichées à des congrès ou à des universités.

03∙03∙2015    Affaires d’empoisonnement d’hier et d’aujourd’hui

Le crime par poison, arme de discrétion, est vieux comme le monde et entouré de mystères. Discuter tous le cas d’empoisonnements connus serait une affaire de plusieurs mois. Ainsi nous nous limiterons à quelques cas, souvent mal documentées scientifiquement, de l’antiquité en passant par les écoles italiennes des empoisonneurs (Conseil des X vénitien, les Borgia, les Médicis) à l’affaire des poisons à la cour de Louis XIV. Une vingtaine d’affaires célèbres plus récentes seront également évoquées, sans oublier les affaires luxembourgeoises.

10∙03∙2015    Les multiples facettes de la toxicologie moderne

La toxicologie (τοξικολογία) - science des substances toxiques, du dépistage/dosage de ces substances et du traitement médical en cas d’intoxication - est une spécialité interdisciplinaire concernant la chimie, la biochimie, la biologie, la physiologie et physio-pathologie, la biologie moléculaire, la pharmacie et la médecine ; elle est souvent associée à la pharmacologie. La toxicologie s’intéresse aux effets secondaires et néfastes des médicaments, aux pesticides, contaminants, résidus et additifs aux aliments, aux métaux, à la pollution de l’environnement (écotoxicologie), aux perturbateurs endocriniens, etc. La toxicologie médico-légale (ou judiciaire, ou forensique) est le parent pauvre de la toxicologie. Cependant le développement spectaculaire récent de l’instrumentation analytique a permis l’identification et la quantification des substances d’intérêt toxicologique dans les échantillons biologiques et l’interprétation des résultats dans le cadre d’enquêtes criminelles pour les autorités judiciaires et les forces de l’ordre – entre autre autopsies, soumission chimique, sécurité routière, etc.

17∙03∙2015    Toxicologie des drogues classiques et des nouvelles drogues festives émergentes

A un moment où la multiplication des substances psychoactives diffusées par internet leur permet d'envahir le marché et où le consommateur ne peut plus savoir ce qu’il achète sous le nom d’ecstasy (MDMA), le risque de se procurer des produits dont on ne connait pas le profil toxicologique est grand. Un aperçu sera donné sur les autres stupéfiants tels que dérivés de l’opium (opiacés) et opioïdes,  chanvre indien, herbes saupoudrées de cannabinoïdes de synthèse, amphétamines, cocaïne,  champignons et plantes hallucinogènes (parfois plus toxiques que le cannabis, mais non classées comme stupéfiants) et médicaments déviés de l’usage médical. Une discussion succincte des mécanismes hypothétiques de l’addiction au niveau du cerveau sera abordée.

24∙03∙2015    Holocauste des sorcières de l’Europe humaniste : aspects toxicologiques

Pendant la Renaissance, après une sinistre période médiévale, les populations confrontées à l’anxiété, aux guerres et aux famines subissent une véritable épidémie de chasse aux sorciers touchant certaines régions de l’Empire Romain de Nation Germanique ne touchant pratiquement pas les états catholiques d'Espagne et d'Italie. Les poursuites relevaient des tribunaux séculaires contrairement à l’Inquisition, la juridiction spécialisée instituée par l'Église catholique dans le but de combattre les hérétiques, dont les débuts remontent au XII e siècle. La seule explication rationnelle du comportement des personnes dites sorcières ou sorciers, condamnés par simple dénonciation, livrés aux tribunaux d’exception après d’atroces tortures, est l’utilisation de produits susceptibles de les mettre dans un état inconscient. En effet les hallucinations provoquées par l'ingestion de potions et l’administration de baumes ou onguents à base d’alcaloïdes toxiques des solanacées (belladone, mandragore, datura, morelle, jusquiame, etc.) pour aller au sabbat, sont différentes de celles provoquées par les dérivés indoliques ou amphétaminiques produisant des effets psychédéliques recherchés, dont le consommateur a généralement conscience du caractère hallucinatoire.

31∙03∙2015    Histoire de la toxicologie et de la médecine légale, de l’antiquité aux temps modernes

Un certain nombre de connaissances sur les toxiques naturels étaient disponibles dans l’Antiquité mésopotamienne, égyptienne, grecque et romaine. Ces connaissances ont été transmises par les savants juifs et arabes (Avicenna, Maimonides), de l’orient à l’occident. Après la sombre période médiévale, où l’on ne retient que la création de jardins botaniques dans les monastères, un nouvel essor a été pris à la Renaissance, puis aux XVIII e et XIX e siècle avant d’en arriver aux progrès considérables du XX e et XXI e siècle. Grâce à une législation restrictive et surtout suite aux travaux de Mateu Orfila à Paris au XIX e siècle qui a facilité la détection des poisons comme preuve scientifique d’un empoisonnement, les intoxications criminelles ont nettement diminué, malgré l’énorme arsenal de toxiques disponibles à l’heure actuelle.


 

 

 

Dans le passé