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Un professeur engagé pour un « Lundi vert »

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Published on Monday, 04 February 2019

500 personnalités, dont un professeur de la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l’Education, s’engagent à supprimer chaque lundi la viande et le poisson de leurs assiettes.  Le professeur de psychologie, Joël Billieux, membre de l’institut « Health & Behaviour », nous explique son choix de faire partie des signataires de cette initiative.

Qu’est-ce que le lundi vert  et  comment êtes-vous arrivé à faire partie des  500 signataires ? 

« Le lundi vert » est une initiative qui a pour but de diminuer collectivement la consommation de chaire animale pour des raisons écologiques, de santé mais aussi de respect de la vie animale. Notre consommation de viande et de poisson est lourde de conséquences pour notre planète. Leur production entraine l’émission de gaz à effet de serre, appauvrit les ressources en eau et participe à la déforestation. De plus, manger de la viande ne présente plus les mêmes bénéfices qu’autrefois. Selon L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), manger moins de viande (notamment de la viande transformée) diminuerait les risques de diabète, les maladies cardio-vasculaires et l’obésité. S’ajoute à tout cela, la question du traitement des animaux dans les élevages industriels.

Pour toutes ces raisons, j’ai rapidement accepté de faire partie des signataires quand la proposition m’a été faite par les initiateurs. Je ne suis pas végétarien, mais je suis convaincu que notre mode de consommation doit changer et devenir plus responsable. Définir un jour de la semaine pour retirer la viande et le poisson de son menu, c’est se conscientiser et réfléchir à sa propre consommation. Une journée, à l’échelle d’une personne, ce n’est pas un grand effort. Mais si tout le monde emboite le pas, l’impact peut devenir réel. »

Après un mois de « lundis verts », quelles sont vos premières observations ?

« J’ai vite réalisé que la viande est très présente dans nos habitudes alimentaires, sans même que l’on ne s’en rende compte. Ne pas manger de viande, ce n’est pas seulement éviter le burger du lundi. C’est également supprimer le jambon dans un sandwich, le haché d’une sauce, le poulet d’une salade... On comprend très vite que finalement nous consommons souvent de la chaire animale de manière très automatique, sans même s’en rendre compte.  Adopter les « lundis verts » nous amène à questionner nos habitudes de consommation. Qu’est-ce que je mange comme viande ?  D’où vient-elle ? Dès lors, quand on choisit de manger de la viande, on le fait bien plus consciemment qu’avant. Pour moi, le simple fait de réfléchir sur sa propre consommation de viande, et ne plus consommer de manière automatique, est déjà en tant que tel un bénéfice concret de cette initiative »

Les critiques du "Lundi Vert" ont été nombreuses et parfois virulentes sur les réseaux sociaux. Qu’en pensez-vous ?

« Je peux comprendre que certaines professions se sentent stigmatisées par une initiative telle que celle-ci. Je pense aux éleveurs et aux bouchers notamment. Pourtant, l’idée n’est pas de supprimer la viande de notre alimentation. Je me répète, mais c’est justement de mieux la consommer et donc de privilégier des éleveurs respectueux du bien-être animal et de favoriser les circuits courts. 
Il y a également beaucoup de fausses informations sur les bénéfices de la consommation de viande. Il suffit de s’intéresser un peu aux recommandations de l’OMS pour facilement distinguer le vrai du faux.
En réalité nous n’avons pas le choix. Continuer à consommer au même rythme, c’est foncer droit dans le mur. Il est plus que temps de devenir responsable. »